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Paris 08/01/2010
Crue centennale à Paris : mieux préparés, nous sommes aussi plus exposés
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Quand la région parisienne sera à nouveau submergée par une crue centennale comme en 1910, les ouvrages de protection construits depuis ne suffiront pas à éviter une catastrophe aux dégâts matériels bien plus importants qu'il y a un siècle, selon les experts.Aujourd'hui, au moins trois millions de Franciliens se retrouveraient sans électricité, et un million auraient les pieds dans l'eau, selon un récent colloque à l'Assemblée nationale.En 1946 et 1990, quatre lacs réservoirs pouvant retenir 830 millions de mètres cubes d'eau ont été remplis en amont de Paris sur la Seine et trois affluents, l'Yonne, la Marne et l'Aube, permettant d'écréter les crues ou de soutenir les étiages.Ces ouvrages majeurs, auxquels s'ajoutent d'autres réalisations plus modestes, comme des digues, permettent d'éviter que l'agglomération parisienne soit sous les eaux en cas de crue décennale.Mais "si on avait la même quantité d'eau et de neige qu'en 1910, les niveaux d'eau seraient probablement significativement plus bas, mais pas assez pour empêcher une inondation généralisée en région Ile-de-France", souligne l'ingénieur hydrologue Thierry Boisseau.Aujourd'hui, "notre société est bien plus vulnérable: tous les réseaux notamment souterrains, eau potable, assainissement, téléphone, électricité, gaz, circulation sont beaucoup plus importants qu'en 1910", a expliqué lors du colloque sur le sujet à l'Assemblée nationale Louis Hubert, directeur délégué à la Direction régionale à l'environnement (Diren) Ile-de-France.Il y a un siècle, certains habitants en bord de rivière avaient des barques, ce qui n'est généralement plus le cas. Beaucoup ne stockent pas d'allumettes, d'eau potable ou des produits alimentaires chez eux.Pourtant, la question n'est pas de savoir si une grande crue reviendra, mais quand.Lorsque le niveau de la Seine à Paris dépassera 6 mètres, soit près du double de la hauteur d'eau à partir de laquelle les voies sur berges sont fermées, l'eau commencera à déferler. Le 28 janvier 1910, son niveau avait atteint 8,62 m au pont d'Austerlitz, et même 8,81 m en février 1658."On peut avoir plus que le pire en matière de crues: on parle beaucoup du réchauffement et du dérèglement climatiques: nous ne sommes pas à l'abri de phénomènes pluvieux inconnus", explique M. Hubert.A Prague, le niveau de la Vltava est ainsi monté en août 2002 à des niveaux inconnus jusqu'alors, inondant le métro de la capitale tchèque qui fut fermé pendant plusieurs mois.A Paris et dans la petite couronne, "90% du territoire inondable est urbanisé: on a exposé des activités et des hommes aux principales inondations. C'est quelque chose de très important qui a considérablement modifié le paysage depuis 1910", souligne M. Hubert.Des plans d'évacuation existent par exemple pour les malades des hôpitaux situés en zone inondable.En 1998, l'établissement public des Grands Lacs de Seine avait évalué l'impact économique d'une crue du niveau de celle de 1910 à 12 milliards d'euros, sans compter l'impact sur les réseaux (eau, électricité, gaz...). Une réévaluation en cours devrait aboutir à un montant supérieur.Le RER C qui passe le long de la Seine et transporte près d'un demi-million de voyageurs par jour, serait sous l'eau. Pour éviter que la même chose n'arrive à l'ensemble des transports souterrains, la RATP et la SNCF ont un plan pour boucher 477 ouvertures par lesquelles l'eau pourrait s'infiltrer.La situation pourrait également devenir rapidement chaotique sur les routes, où les automobilistes pourraient être tentés de laisser leurs véhicules habituellement garés en parkings souterrains.
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